« La Dépression et ses Aléas » (Bibliothèque de Saint Quentin, 17/12/13)

UN PEU DE THEORIE …

L’étymologie du mot dépression provient du latin « deprimere » qui veut dire « déprimer ». Il s’agit d’un manque, d’une absence de pression permettant le maintien du tonus musculaire et psychique suffisant pour être en homéostasie avec son envirronnement.

Rappelons qu’il s’agit de la « maladie du siècle » ou 10 à 25 % des femmes et 5 à 12 % des hommes risquent de faire une dépression majeure au cours de leur vie.

Egalement, est-il utile de rappeler que la France est le premier consommateur de psychotropes au monde ?

La symptomatologie de la dépression permet de cerner d’avantage le syndrome dépressif, à savoir : un ralentissement psychomoteur, un trouble du sommeil ou alimentaire ainsi qu’un trouble de l’humeur. On peut noter également une absence d’envie, d’intérêt ou de plaisir, une dépréciation de soi …etc.

Il existe deux grandes catégories de dépressions. Les dépressions « endogènes » qui ont une cause interne et qui appartiennent à la structure de personnalité. Je pense à la dépression saisonnière ou plus important la mélancolie par exemple. Ici un traitement au long cours est envisagé. Les dépressions « exogènes » ont une cause externe à la structure de personnalité, par exemple une dépression réactionnelle (perte d’emploi, divorce, déménagement, deuil ..etc). Ici un traitement occasionnel sera suffisant.

De même il existe bon nombre de dépression telles que la dépression masquée, la dépression agressive…etc.

Les causes et les origines de la dépression sont nombreuses, multiples et variées. Il existe à ce jour bon nombre de piste de réflexion. Ceci étant , une constante revient toujours : un déficit de « dopamine » serait en cause, qu’il s’agisse d’un gène défaillant  (hypothèse génétique) ou d’une production insuffisante de cette substance (hypothèse neurologique). Quand aux origines, on peut penser à l’enfance malheureuse ou l’apprentissage de la tristesse (culture et éducation).Littérairement parlant je pense au livre de Françoise Sagan « Bonjour Tristesse » ou Cécile découvre et nomme ce sentiment de tristesse. Je pense également à Victor Hugo, plus précisément les « Misérables » (Cosette pour qui le malheur est inscrit dès le berceau).

Il est peut-être important de rappeler que nous sommes passé d’une éducation « rigide »( la violence et la pension étaient des facteurs de réussite)  à une éducation très « permissive » de la génération Dolto (l’enfant -roi ne devait subir aucune frustration).

En terme de solutions, il existe la solution « pharmacologique » qui permet d’enrayer chimiquement le syndrome dépressif (antidépresseurs , anxiolytiques et somnifères). A ceci est fortement conseillé d’associer une solution » thérapeutique » ( thérapie comportementale ou psychanalytique) avec un suivi psychologique permettant d’observer ou non l’amélioration du patient mais également comprendre ce qui lui est arrivé. « Mettre du sens » sur cette dépression, comprendre pourquoi elle est là et ce qu’elle vient dire dans l’histoire du patient est capital dans le processus de guérison.

D’autres pistes permettent d’aller mieux et sont encore à l’étude, je pense notamment à la luminothérapie pour les patients souffrant de dépression saisonnière, pour laquelle il semble avoir de bons résultats.

Enfin, je pense qu’il est important de parler de « l’utilité ainsi que de la nécessité de la prévention ». Cette question me semble être essentielle dans la prise en charge de cette pathologie. Sensibiliser la population c’est également l’aider à s’en prémunir !

 

TABLE RONDE autour de la dépression.